Andy Warhol – Le portrait

Andy WarholSi je vous dis pop art à quel artiste pensez-vous instantanément? A Andy Warhol évidemment ! Et quoi de plus logique que de consacrer, sur notre blog, un article au « pape du pop », à l’homme qui a tout bonnement révolutionné l’art en l’ouvrant au champ de la publicité et de la quotidienneté. Aujourd’hui, zoom sur le représentant de l’avant-gardisme américain, le très grand Andy Warhol.

Un début prometteur :

Issu d’une famille d’immigrants vivant aux Etats-Unis, Andrew Warhola s’oriente vers des études artistiques et intègre en 1945 le Carnegie Institute of Technology. En 1949, une fois son diplôme des beaux-arts obtenu, il décide de se lancer à la conquête de New York où il débute en tant que dessinateur publicitaire pour les magazines Glamour, Vogue et encore Harper’s bazaar. C’est au cours des années 50 que sa carrière décolle, l’artiste enchaine les expositions dans plusieurs galeries de la Grande Pomme, en 1952 : à la Hugo Gallery, en 1954 à la Loft Gallery, en 1956 à la Bodley Gallery. En tant que véritable touche à tout, il crée également des costumes pour une troupe de théâtre, il prend alors goût aux déguisements et à la dissimulation, il se fabrique un personnage sur mesure en adoptant un look des plus extravagants : perruque platine et un pseudonyme plus attrayant : Andy Warhol. L’artiste entre dans le monde des affaires et monte sa propre société pour gérer les commandes publicitaires. L’artiste est un vrai caméléon, il allie art et affaires, il choque en déclarant qu’être bon en affaire est la forme d’art la plus fascinante, « gagner de l’argent est un art, travailler est un art, et les affaires bien conduites sont le plus grand des arts. » A la fin des années 50, Warhol exécute ses premières toiles et s’inspire directement de son imagerie quotidienne comme des étiquettes de marques célèbres ou même des bandes dessinées. Il joue sur la duplication, procédé qui ne tardera pas à devenir sa patte, en peignant les fameuses boîtes de soupes Campbell’s.

Des années 60 très fructueuses :

Au début des années 60, Warhol s’essaye au procédé de la photographie sérigraphiée. Cela consiste à travailler à partir de photographies en noir et blanc qui vont être imprimées sur une toile tendue ornée de grands aplats de couleurs flashy et lumineuses. Le motif est simplement reproduit à plusieurs reprises sur la même toile, c’est la base de la technique du pop art. Il confectionne plusieurs séries pop arts qu’il consacre à des célébrités telles que Liz Taylor, Jacqueline Kennedy, Elvis Presley ou la sublime Marilyn Monroe, sans oublier sa fameuse série d’autoportraits. Il utilise aussi la sérigraphie pour revisiter le mythe de la Joconde de De Vinci. En 1962, Andy Warhol participe, avec l’Américain Roy Lichtenstein et les Français Yves Klein et Niki de Saint Phalle, à l’exposition des nouveaux réalistes « The New Realists » à New York, qui légitima le pop art et le reconnut comme véritable mouvement artistique. Si Warhol se plait à mettre en lumière le côté artificiel de la société de son époque, il n’oublie cependant pas sa dimension plus sombre et violente qu’il représente à travers ses œuvres du moment. En janvier 1964, Warhol ouvre la célébrissime Factory dans un loft sur la 47e rue. Le lieu lui sert d’atelier de création, mais aussi de studio d’enregistrement pour le groupe de rock The Velvet Underground dont il est le producteur, de point de rencontre pour toute la jet-set newyorkaise branchée et de lieu de tournage pour ses premières productions filmiques. A la manière de ses toiles, son art filmique est expérimental, il continue de jouer avec le procédé de la duplication d’un même visage ou motif. Dans son film Sleep, Warhol tourne pendant plus de 5 heures des plans fixes du poète John Giono endormi dans des axes de prise de vue différents et n’hésite pas à dupliquer certains plans. En 1964, à l’occasion de l’exposition universelle de New York, Warhol dévoile sa création murale intitulée « Thirteen Most Wanted Men », comprenez Treize hommes les plus recherchés, qui met en lumière les treize plus grands criminels de l’époque. Warhol surprend, choque et dérange, cette œuvre sera recouverte d’un drap noir, signe d’un refus de son art provocateur. Puis à la fin des années 60, il reprend la technique de la sérigraphie et reproduit en 3 dimensions les fameuses boîtes de ketchup Heinz ou les tampons à récurer Brillo. En 1968, la légendaire Factory déménage au 33 Union Square West.

Dernières années de vie :

Au début des années 70, Warhol tire les premiers exemplaires de son magazine Interview, qu’il crée avec la complicité de Gérard Malanga. Ses articles décriant la vie et les mœurs des vedettes en vogue bouleverseront sensiblement le monde de la presse. Warhol ne cesse pas pour autant de revêtir le costume d’homme d’affaire et continue de réaliser des œuvres sur commande pour des proches, des férus d’art ou encore des directeurs de galerie. L’artiste récuse et rejette l’art pour l’art, il va à l’encontre d’un art totalement désintéressé et croule littéralement sous les demandes de commandes. A partir de 1972, il retourne à ses premières amours et entame une nouvelle série de sérigraphies représentant les portraits de Mao Zedong et du meneur du groupe Rolling Stones Mick Jagger. Entre 1979 et 1980, Warhol débute ses séries rétrospectives qui reprennent les motifs les plus célèbres de sa carrière comme les Campbell’s Soup et les U.S. dollar Sign. Durant l’année 1980, il ouvre sa première chaîne de télévision câblée qu’il nomme simplement Andy Warhol TV sur laquelle il produit de nombreux clips vidéos. La même année, il publie également son ouvrage « POPsim, The Warhol’s 60s. » Entre 1982 et 1986, il compose les dernières séries reprenant des grands classiques d’art comme la Naissance de Vénus de Botticelli ou La Cène de Léonard de Vinci. En 1986, il crée ses ultimes autoportraits et la série de portraits de Lénine. A la fin de sa vie, il mettra à profit sa notoriété pour lancer de nouveaux artistes talentueux comme Jean-Michel Basquiat ou Keith Haring. Il se joindra d’ailleurs à Jean-Michel Basquiat en 1986 pour participer au renouveau de la figuration expressionniste. Andy Warhol s’éteint à New York en février 87.

Postérité :

Si l’art de Warhol a pu déranger, choquer ou même séduire, il a surtout fait de l’homme l’artiste le plus incontournable du New York des années 60, 70 et 80. Pour ce dandy anticonformiste, la création de l’artiste devait être en phase avec sa personnalité. En effet, son look excentrique et hors du commun a toujours été à l’image de ses œuvres révolutionnaires et provocatrices. Sa célébrissime phrase « tout le monde a droit à son quart d’heure de célébrité » résonne encore dans toutes les têtes. Elle démontre non seulement que l’art demeure accessible à tous et exprime avec cynisme la fugacité de la gloire. Warhol, avec ses idées avant-gardistes et originales reste en parfaite harmonie avec notre époque et voici peut-être la raison de la longévité de son succès. Le « pape du pop » continue de faire couler de l’encre et les collectionneurs n’ont jamais cessé de le plébisciter, il reste la star incontestée du pop art.

Voilà, vous êtes désormais incollable sur le grand Andy Warhol.

Bonne journée à vous et à très vite pour de nouvelles aventures dans le monde merveilleux du pop art.